Le calendrier se précise progressivement

Le calendrier se précise progressivement

Dans cette saison 2 du confinement, nous nous faisons souvent la réflexion que l’attente avant le départ devient vraiment longue, mais heureusement, notre calendrier se précise progressivement.

Entre excitation et frustration

Il y a à peine un mois, nous saluions nos amis de Niue et Vahana qui quittaient le port de Canet pour débuter leur grand voyage avec un premier cap vers Gibraltar. Aujourd’hui, ils se trouvent tous les deux aux Canaries et préparent activement leur transat. Notre impatience commençait à se faire plus grande d’autant plus que les températures ici se faisaient plus fraîches et que notre bateau était prêt. Mais voilà, nous devions honorer quelques rendez-vous professionnels et administratifs avant de larguer les amarres. Entretemps, le nouveau confinement a été annoncé, nous clouant une nouvelle fois au port de Canet.

Ça va bien aller…
Le calendrier se précise

Que fait-on quand on est confiné une deuxième fois sur son voilier? Nous vous préparons une petite compilation en vidéo à paraître prochainement… Si au printemps nous avions beaucoup de travail et de révisions à faire, ce n’est plus le cas aujourd’hui. Bien sûr il y a toujours des trucs à bricoler, mais globalement, le bateau est fonctionnel pour partir naviguer. Alors nous meublons les journées comme on le peut: activités professionnelles, sorties hebdomadaires avec les enfants pour se rendre à la plage (nous avons la chance qu’elle soit juste à côté!), quelques sorties courses, mais la plupart du temps nous sommes dans le bateau à lutter pour que les enfants ne se laissent pas emporter par l’attrait des tablettes et autres écrans… Rien que ça, c’est du sport!… Mais le bon côté, c’est qu’ils apprennent quand même beaucoup grâce aux tablettes. On se rassure comme on peut…

Stratégie et entraînement en ligne

Ah oui, nous allions oublier… un défi Virtual Regatta s’est organisé avec les voisins de notre ponton. Du coup, faute de régler les voiles d’Inuksuit en réel, Laurent passe son temps à faire avancer son Imoca sur le Vendée Globe virtuel. Et le moins que l’on puisse dire, c’est que ce n’est pas une mince affaire avec des conditions météo complexes. Au final, c’est à se demander si on ne serait pas aller aussi vite avec notre vrai bateau… Au moins il est allé repérer les Canaries et le Cap Vert. Il est enfin soulagé d’avoir franchi l’équateur après plusieurs jours empêtré dans le pot-au-noir.

Une date en vue!

Mais revenons à notre départ. Le calendrier se précise donc. Après les dernières annonces du gouvernement et du Président, nous avons pris la décision de partir entre le 27 et le 31 décembre. Nous ne savons pas vraiment si nous aurons de nouveau l’autorisation de naviguer avant le 15, les annonces ne sont pas claires sur le sujet. Du coup, nous nous donnons un mois de plus, mais ce sera le dernier sursis. L’aventure pourra donc débuter pour de bon dès janvier 2021! Et il nous tarde!!

Dernier Noël à terre ?

Cette décision nous permettra de passer Noël en famille avec Lisa et Emma tout en pouvant dire au revoir à nos amis sans devoir partir comme des voleurs. Lynne passera son permis hauturier et pourra co-animer un séminaire à distance avec le Canada. Et avec un peu de chance, nos enfants pourront aller se jeter dans la neige ariégeoise avant de replonger dans la grande bleue, puisqu’il nous reste encore quelques lieux à découvrir avant le départ.

Quel cap choisir ?

Le calendrier se précise

Quant à notre destination? Nous ne sommes pas vraiment fixés après réflexion. En fait, ça dépendra de la météo. Si notre première intention s’oriente plutôt vers le Sud de l’Espagne, rien ne dit que nous ne mettrons pas le cap vers le Sud-Est en direction de la Corse puis de l’Italie. Quoi qu’il en soit, 2021 se fera en Méditerranée, donc pas très loin pour celles et ceux d’entre vous qui auraient envie de venir se dépayser avec nous!!…

Et pour faire patienter, on vous laisse vous évader en visionnant et re-visionnant nos vidéos sur notre chaîne YouTube!

Partir ou ne pas partir: les incertitudes d’un nouveau confinement…

Partir ou ne pas partir, incertitudes avec le nouveau confinement

Partir ou ne pas partir, c'est bien le questionnement et les incertitudes qui nous trottent dans la tête ces jours-ci après l'annonce d'un nouveau confinement. Depuis début octobre, nous avons envisagé de finalement quitter notre port d’attache début novembre, pour retrouver un peu plus de chaleur et de soleil plus au Sud, du côté de l’Espagne. Notre date de départ était fixée d’abord au 1er Novembre, puis à partir du 6 novembre après que j’ai pu honorer un rendez-vous professionnel et que Lynne ait terminé ses démarches pour obtenir sa nationalité française.

L'impatience prend le dessus

Ces derniers jours, nous avons vu partir nos deux bateaux-copains Niue et Vahana qui ont mis le cap sur les Canaries. Ne pas partir n'était pas une option envisageable pour eux qui ont mis tout en oeuvre pour limiter les incertitudes et ne pas être bloqués par l'annonce d'un nouveau confinement. Nous avons passé d’excellents moments avec eux et les enfants se sont régalés à jouer tous ensemble. Ces rencontres nous ont réellement projetés dans le voyage et ont contribué à accélérer notre impatience de partir. Mais voilà que le gouvernement vient d’annoncer un nouveau confinement pour au moins un mois... si nous pensions que les mesures sanitaires pour lutter contre le virus allaient se durcir, nous n’envisagions pas un confinement quasi total. Nous nous projetions plutôt sur un confinement le week-end avec un couvre-feu plus tôt les soirs de semaine. Cette option nous aurait laissé la possibilité de partir un jour de semaine, rejoindre d’abord les Baléares puis nous retrouver en fin d’année vers Carthagène par exemple ou même encore un peu plus au Sud pour passer les fêtes.

L'espoir de pouvoir partir avant la fin d'année

Avec l’entrée en vigueur du confinement, nous sommes désormais suspendus à l’arrêté de la préfecture maritime qui devrait préciser les conditions pour les activités nautiques et la navigation. Nous espérons vraiment que nous ne serons pas bloqués au port jusqu’à la fin de l’année, date à laquelle nous devrons de toute façon libérer notre place après que nous ayons déposé notre préavis de départ.

Ça peut paraître un peu égoïste surtout dans cette période où on nous demande de réaliser une nouvelle fois un effort collectif pour lutter contre l’épidémie. Mais finalement, sur un voilier, nous sommes de toute façon confinés volontairement. Nous sommes aussi conscients que partir ne garantit pas de ne pas nous retrouver bloqués ailleurs en Espagne avec des contraintes encore plus fortes qu’en France, une potentielle quarantaine ou le passage de tests réguliers.

Nous sommes prêts à partir

Aujourd’hui le bateau est fin prêt pour notre départ. Nous avons terminé de régler les derniers petits détails, notre dessalinisateur fonctionne, nous offrant toute l’autonomie dont nous avons besoin pour naviguer et privilégier les mouillages plutôt que les ports. Nous sentons monter l’impatience de larguer les amarres pour de bon. Nous avons hâte d'offrir à nos enfants cette découverte du monde, cette liberté, dans une période et un climat plutôt moroses, anxiogènes, qui n’encouragent ni à l’optimisme, ni à un avenir meilleur tellement la nature humaine a tendance à reproduire sans cesse des schémas destructeurs pour notre environnement.

Un avant-goût de liberté après un été de navigation

Avant-goût de liberté après un été de navigation

Alors que l’automne est déjà bien installé, nous en profitons pour faire un petit retour sur un été de navigation qui nous a donné un avant-goût de liberté. 

Prendre ses marques

Nous avons pris le temps de partir pendant presque un mois pour éprouver le bateau mais aussi pour permettre à l’équipage de prendre ses marques. Pour Lynne, ça a été l’occasion de faire ses premiers quarts de nuit, de découvrir plusieurs techniques de mouillage et d’amarrage, de prendre confiance dans ses capacités à faire marcher le bateau. Elle est devenue de plus en plus autonome au fur et à mesure des sorties, à tel point qu’elle ne craint plus de faire certaines manœuvres de port en tenant la barre. Pour les enfants, ils se sont très bien fait à la vie de marins et ont pu profiter au maximum des mouillages. Par moment, on se demandait s’ils ne passaient pas plus de temps dans l’eau plutôt qu’hors de l’eau. Mais quel bonheur de les voir évoluer librement, de prendre des responsabilités, de s’impliquer dans les manœuvres et surtout, de profiter au maximum de l’instant présent. Pour ma part, je me suis rassuré dans mes capacités à gérer le bateau et l’équipage, éviter le stress, les éventuelles mutineries ou crises d’angoisse. La communication a plutôt été positive et efficace.

Avant-goût de liberté après un été de navigation
Avant-goût de liberté après un été de navigation
Avant-goût de liberté après un été de navigation

Le plaisir de naviguer et d’accueillir

Cet avant-goût de liberté en navigation cet été n'a fait que se  renforcer au cours des presque 1000 milles (un peu moins de 2.000kms) à la voile que nous avons parcourus avec toujours du monde à bord. Car avoir un bateau pour nous, c’est aussi l'envie de partager, de faire découvrir et de transmettre notre passion aux gens que l'on apprécie, que ce soit pour de longues ou de courtes navigations. Nous avons eu de la visite tout au long de l’été pour nous accompagner, et nous nous sommes régalés de naviguer avec nos ami-e-s. Nous nous sommes sentis choyés ! D’ailleurs, certains ont parfaitement joué leur rôle en nous aidant à éprouver le bateau et à accélérer la casse de ce qui devait nous lâcher!! 😉 Dédicaces spéciales  pour Pirat Oliv et Thierry qui nous ont permis respectivement de renforcer l’axe de barre bâbord qui avait laché et de ressouder la table du cockpit qui devenait sérieusement bancale ! Pour le reste, nous nous en sommes très bien tirés malgré quelques petits soucis d’enrouler de génois, un filtre de décanteur encrassé et un moteur d’annexe toujours très capricieux qui nous a obligé à ramer tout l’été pour rejoindre la terre...

Nos escapades nous aurons donc amenées dans les Calanques de Cassis, à Toulon où Mathieu n’a pas pu s’empêcher de faire une revue de toute la flotte de la marine française en commençant par le porte-avions Charles de Gaulle. Toute la famille a aussi découvert Porquerolles, le Cap d’Agde, puis Begur en Espagne, Port de la Selva, Cadaques. Nous avons aussi fait plusieurs sorties sur 1 ou 2 journées vers Collioure et Paulilles, une anse qui n’a rien à envier aux plus belles criques de la Costa Brava.

Avant-goût de liberté après un été de navigation
Avant-goût de liberté après un été de navigation

De belles rencontres

Au fil de nos navigations et de nos courtes escales nous avons fait de belles rencontres, comme par exemple cet apéro dînatoire improvisé à Saint-Mandrier avec une famille qui suit nos aventures. Mathieu a pu se régaler avec son nouveau copain même si nous sommes repartis trop vite... Ce séjour improvisé à deux bateaux à Port de la Selva avec quelques aventures en annexe par 35 noeuds de vent restera aussi un beau moment de cet été. Mais globalement tous les instants passés à bord nous ont offert leurs lots de belles surprises, jusqu’à ce dimanche de septembre où nous avons croisé la route d’un énorme poisson lune, d’un petit requin et d’un rorqual commun, le deuxième plus gros mammifère marin de la planète après la baleine bleue. Un moment magique qui a largement compensé tous les dauphins que nous n’avons pas vus pendant tout notre périple estival...

Avant-goût de liberté après un été de navigation
Avant-goût de liberté après un été de navigation

La solidarité et l’entraide

L’un des autres côtés de cette nouvelle vie que nous apprécions, c’est l’ambiance de ponton. Il s’installe naturellement une solidarité et une entraide qui dépasse de loin les clivages sociaux que nous pouvons connaître au quotidien. Spontanément les autres plaisanciers viennent aider lors des arrivées au port, proposent leur aide quand il y a des problèmes mécaniques ou des choses à fixer sur les bateaux. Cette solidarité tranche vraiment avec l’individualisme ambiant des grandes villes. Il faut dire que là où nous sommes à Canet, nous sommes particulièrement choyés en terme de voisinage. Nous sommes une petite communauté qui partageons pour beaucoup les mêmes valeurs et la même passion pour la mer et les bateaux. Il n’y a pas une fin de semaine où nous ne nous sommes pas retrouvés avec du monde attablé dans notre cockpit, ou en train de partager un apéro improvisé sur un bateau voisin. L’occasion évidemment pour chacun de nourrir ses rêves de long voyage et de raconter ses histoires de mer!

Avant-goût de liberté après un été de navigation

Le besoin et l’envie de prendre le large

Après 7 mois de vie à bord et un avant-goût de liberté, cet été de navigation bien rempli n'a fait que renforcer notre envie de partir loin. Si le Coronavirus est venu changer un peu nos plans et malgré l’aspect confortable d’être au port, nous sommes en train de re-planifier notre itinéraire pour pouvoir larguer les amarres rapidement. Déjà cet automne nous devrions aller trouver le soleil un peu plus au sud avant de quitter Canet en début d’année prochaine. Nous nous sommes bien ajustés même si forcément nous avons toujours des inquiétudes et quelques questions....

Avant-goût de liberté après un été de navigation

Changer de vie et déménager sur un voilier…

Un rêve qui devient réalité

Depuis plusieurs années, je mijote l‘idée de changer de vie, de quitter mon travail et créer un travail qui me permettrait de voyager en famille, faire découvrir le monde à nos enfants, les éduquer au travers de la richesse du monde, de vivre plus près de la nature et de la respecter davantage. Bref, de se créer une vie au plus proche de nos valeurs. C’était une envie un peu folle, ambitieuse et très certainement idéaliste, je l’admets.

Je savais bien que cette idée de déménager sur un voilier serait aussi remplie de doutes, de peurs, d’embûches et je n’étais même pas convaincue que cette vie serait pour moi et comment j’allais m’y adapter. Moi qui avait vécu sous un certain schéma depuis plus de 20 ans, salariée, sécurité, routine... ayant toujours vécu dans une maison, comment allais-je m’adapter à la vie sur un bateau? Comment vivre pleinement cette aventure avec les enfants tout en « travaillant autrement »? Est-ce que j’aurai la patience, la motivation et la bonne humeur pour être avec les enfants tout le temps? C’est drôle comment notre cerveau joue des tours avec nous. Il nous donne l’envie de rêver et par la même occasion nous envahit avec tous ces sentiments contradictoires de doutes, de craintes et de peurs.

Et bien le déblocage pour nous, pour moi, fut un certain jour du mois d’août, après avoir passé deux semaines sur le voilier de mon beau-père. J’ai regardé Laurent dans les yeux et lui ai dit, alors comment on ferait VRAIMENT pour partir en voilier en famille? Et voilà le début de notre premier échange sur le COMMENT. Cette idée folle s’est transformée en projet avec une date de départ fixée, des tâches à accomplir, des échéanciers à respecter. Et bien sûr de nombreux échanges animés car les doutes, les craintes et les peurs reviennent et galop et oh combien souvent!!!

Le grand jour est arrivé!

Et bien, le grand jour est arrivé, le jour où nous avons officiellement pris le pari de changer de vie, de quitter la maison pour franchir une grande étape, celle de déménager et de vivre sur notre bateau. Le départ « officiel » de notre grande aventure est repoussé à cause de la situation sanitaire encore incertaine dans le monde, mais ça ne change en rien notre détermination pour la suite. Notre envie de vivre, d’éduquer, de voyager et de travailler autrement nous anime au plus profond de nous-même et elle vient de franchir un nouveau cap.

Voilà déjà un mois que nous avons déménagé notre maison sur le bateau. Il faut dire que ces dix jours consacrés au déménagement n’ont pas été de tout repos et que cette période a été chargée d’émotions. Au lendemain du déconfinement, Laurent avait prévu de rentrer tout seul à Bordeaux pour vider la maison, paqueter l’essentiel pour le bateau, faire l’état des lieux le 20 mai avant de revenir à Canet avec une petite camionnette. Mais dès le début, le destin en a décidé autrement et c’est finalement en voiture que nous sommes remontés tous les 4, munis d’une multitude d’attestations dérogatoires de déplacement au-delà de 100km de notre domicile. Une semaine, c’est exactement le temps que nous avons eu pour vendre tous nos meubles, faire le tri des affaires indispensables, des papiers personnels et professionnels, nettoyer toute la maison pour la laisser impeccable car nous n’avions pas l’intention de nous asseoir sur notre caution…! Lisa et Emma nous ont rejoint et ça n’a pas été du luxe. Toute la famille s’est mise au travail avec de très longues journées entrecoupées de visites d’amis que nous avons eu le plus grand plaisir de voir, même si nous n’avons pas pu leur accorder tout le temps que nous aurions souhaité.

Réduire ses affaires à l'essentiel

Changer de vie et déménager sur un voilier, c’est accepté de relever le défi de se séparer de tout le superflu. Passer d’une maison de 145m2 à un bateau de 16m impose forcément un tri sans concession des affaires qui sont indispensables de celles qui ne le sont pas. C’est fou à quel point même en faisant attention, nous accumulons tout un tas de petites choses qui s’entassent et dont on se souvient justement quand on doit déménager. Pas question pour autant de tout jeter à la poubelle et même si ça nous a pris du temps et de l’organisation, nous avons fait en sorte que nos affaires non indispensables aient toutes une deuxième vie! La quasi totalité de nos meubles ont été vendus, des vêtements inutiles pour nous ont été donnés. Pendant 2 jours, notre trottoir s’est transformé en brocante au plus grand bonheur des passants. Mathieu et Océane ont fait beaucoup d’efforts pour parvenir à se séparer de certains de leurs jeux et jouets. Mais au final, ils étaient fiers d’avoir pu faire plaisir à d’autres enfants plus démunis ou à des copains et copines qui étaient contents de pouvoir garder un souvenir d’eux.

S'éloigner des personnes que l'on aime

L’autre côté difficile quand on change de vie, c’est de quitter une ville, un quartier, des amis que nous apprécions énormément. Après quatre années à Bègles, nous avions pris nos marques et nous y sentions très bien. Tout était proche, il y avait un bel atmosphère et une proximité avec les gens qui vont nous manquer. C’est lorsque nous partons que nous réalisons encore plus à quel point nous étions bien. Nos amis du volley, de l’école, la famille… Nous avons eu beaucoup de tristesse à les laisser derrière nous. Mais nous savons aussi que nous allons rester en contact, que nous allons nous donner des nouvelles régulièrement et que nous espérons pouvoir les revoir et les accueillir sur notre voilier pour leur faire partager un petit bout de notre nouvelle vie. Nous avons été très touchés par les témoignages d’affection et l’aide que nous avons reçue pendant cette période de transition. Alors nous en profitons pour vous remercier toutes et tous:

  • Aurélie et Kamal
  • Krystel et Olivier
  • Gaëlle et Mathieu
  • Carine et Thierry
  • Karina et Benoit
  • Caroline et Benoit
  • Florence et Cédric
  • Karine notre voisine
  • Sylvie Boutin
  • Marie-Claire
  • Marion
  • Nelly et Guillaume
  • Karine et Romain
  • Pauline et Romain

Et sans oublier bien sûr Mamie Annette, Ghislaine et Marianne de la Ludothèque de Gradignan, toute l’équipe pédagogique de l’école Ferdinand Buisson (Elorry Soubelet, Eric Bacqué, Vanessa Couesnon, Catherine, Nathalie Berton-Jacques, Malika Khelifi).

Avancer et se lancer à fond dans l'aventure

Malgré tout nous n’avons aucun regrets. Les enfants s’épanouissent, nous nous créons de nouveaux amis de ponton, nous commençons à naviguer et nous ajustons notre rythme pour être en mesure de travailler, voyager et éduquer les enfants.  Nous savons qu’il y aura des moments de doutes, des moments d’euphorie, des moments de ras-le-bol, mais n’est-ce pas ça la vie, que ce soit sur un bateau ou sur terre?…

Huit semaines de confinement entre travail, réflexion et famille

Confinement famille réflexion travail

Déjà huit semaines que nous sommes désormais confinés au port de Canet, dont sept semaines sur l’aire de carénage. Et huit semaines que notre temps de confinement est partagé entre travail, réflexion et famille… Nous tous vivons cette période de confinement de façon très différente selon notre situation, notre lieu de vie, selon que nous sommes seuls ou en famille. Nous l’avons déjà mentionné, mais pour notre part, nous nous considérons chanceux en comparaison à bien d’autres personnes. Le virus ne nous a pas encore rattrapé et finalement, ce confinement forcé est un bon prélude au confinement volontaire dans lequel nous nous trouverons bientôt en partant à l’aventure.

Un important travail de révision et de contrôle sur le bateau

Si la durée de notre escale sur la zone de carénage ne devait durer que 7 jours entre le 13 et le 20 mars, l’annonce du confinement nous a imposé d’y rester jusqu’à ce début de semaine. Ce n’est pas faute pour le personnel du port de nous avoir fortement encouragés à trouver des alternatives de résidence pendant cette période, en vain. Après tout, notre voilier est notre résidence secondaire et va très rapidement devenir notre résidence principale. Et avec une hélice en révision, impossible de bouger. Nous n’avions pas d’autre choix que de rester sur ce grand parking à bateaux, déserté de tous. Si le travail prévu au départ consistait essentiellement à effectuer le carénage, à contrôler les parties immergées et à envoyer notre hélice à la révision avant de retourner à l’eau, le cours des événements a changé nos plans. Certains auraient pu le voir comme une contrainte, nous l’avons transformé  en opportunité pour passer en revue de nombreux éléments du bateau que nous n’aurions pas vraiment pu faire dans des circonstances normales. Le moteur, notre réseau d’eau, quelques réglages électriques, le changement de vannes, nous avons exploré tout ce qui se trouve sous la ligne de flottaison. Et franchement, vu ce que nous avons découvert, nous aurions certainement eu quelques mauvaises surprises une fois en mer. Au bas de cet article, nous listons tout ce que nous avons changé. Ça commence à faire pas mal, même s’il en reste encore beaucoup et que l’entretien du bateau devrait occuper notre temps pendant encore plusieurs fin de semaines… Mais sur un bateau, il y a toujours quelque chose à faire!

Réviser notre calendrier de voyage

Cette période de confinement est aussi pour nous tous l’occasion de mener des réflexions sur nos vies, sur nos choix, sur ce à quoi nous aspirons le plus. Tout ce que nous avons vécu ces dernières semaines nous conforte dans notre décision de partir à l’aventure, de vivre et de voyager autrement, de sortir de nos modes de vie rythmés par le travail et où bien souvent nous ne prenons plus assez de temps avec les amis, la famille, ceux que l’on aime. Bien sûr, il y a plein d’incertitudes sur l’avenir, sur la façon dont nous pourrons voyager à nouveau, dont nous pourrons nous réunir. Mais nous sommes convaincus qu’il serait totalement destructeur de reprendre nos habitudes de vie, de consommation comme dans l’avant coronavirus. Notre projet va être forcément impacté. Mais nous nous adapterons. Ces dernières semaines, Lynne et moi avons beaucoup échangé sur notre calendrier de voyage, la date de notre départ et notre parcours. Nous en sommes arrivés à la conclusion qu’un départ en septembre comme nous l’avions planifié est trop prématuré. Nous ne savons pas si toutes les frontières seront ouvertes, nous n’avons aucune idée des mesures qui seront imposées par les autres pays, si nous serons en mesure de faire des escales là où nous le souhaitons. Nous avons donc repoussé notre début de voyage au printemps 2021, si la situation le permet.

Un déménagement définitif sur le bateau

Nous prenons cette situation avec beaucoup de philosophie. Après tout, personne ne nous force à partir en septembre, à part nous-mêmes. Et en regardant bien, ce report est peut-être une bonne chose pour nos activités professionnelles dont certains projets pourront être finalisés avant notre départ. Par contre, nous avons pris la décision de ne pas renvoyer les enfants à l’école pour la fin de l’année scolaire. D’une part, ils ne reprendront pas tous les deux en même temps, et d’autre part, l’école à distance a plutôt bien fonctionné jusqu’à présent, même si c’est toujours un peu plus difficile avec Mathieu. Nous resterons donc à Canet et nous avons pris la décision de déménager un peu plus tôt que prévu sur le bateau, ce qui par la même occasion, soulagera un peu nos finances. Nous libèrerons donc notre maison à Bègles le 20 mai, troquerons le climat océanique pour un climat méditerranéen. Mais nous tenons à rassurer nos amis bordelais, nous serons amenés à y revenir car il serait dommage que l’on parte sans pouvoir nous dire au revoir ou partager encore quelques bons moments ensemble. Et si jamais pendant l’été, certains d’entre vous ne savent pas où aller, vous savez qu’il y aura toujours une place à bord pour vous accueillir et vous faire découvrir notre nouvel environnement! Euh… en écrivant ça, nous devrions peut-être prévoir un calendrier de réservations…! Mais c’est vrai qu’après autant de semaines sans pouvoir se réunir, ce serait bien sympa se retrouver et profiter de moments de détente.

Le bonheur d’être en famille

Au delà du travail et de la réflexion, l’une des choses que nous avons pu réellement apprécier pendant ces huit semaines de confinement, c’est le bonheur d’être en famille tous les jours, de pouvoir pleinement profiter des enfants, de nous occuper de leur éducation formelle et informelle. Certes, la scolarité à domicile n’est pas toujours évidente, il faut garder une rigueur et un cadre. Mais elle donne aussi plus de marge de manoeuvre pour nous adapter aux besoins et aux centres d’intérêts de chacun des enfants. Si Mathieu n’est pas un grand fan de l’école et des devoirs, il finit par apprendre autrement, au travers de magazines, de vidéos. Lynne est parvenue à bien adapter ses stratégies d’apprentissage pour que Mathieu ait le goût d’apprendre. Et je dois dire que ça marche pas mal. L’autre jour, il nous a impressionné en nous parlant de l’archipel des Galapagos, des tortues, des crabes rouges, des iguanes marins, de la mangrove et de son écosystème. Du coup, il nous a appris des choses! Et forcément, nous devrons inclure les Galapagos dans notre itinéraire, et on ne va pas s’en plaindre!! Finalement, il ne nous manque que Lisa et Emma que nous n’avons pas vues depuis plus de 5 mois pour Lisa et 4 mois pour Emma. Il nous tarde de les retrouver et qu’elles puissent revenir à Canet, malgré les incertitudes de pouvoir voyager et le calendrier sportif de Lisa.

On pense fort à vos tous qui nous suivez, prenez-soin de vous et restez prudents, même si l’heure du déconfinement progressif approche…

Liste des travaux effectués pendant nos 7 semaines sur la zone technique:
  • Carénage
  • Pose des anodes sur l’arbre d’hélice (x2), sur le propulseur d’étrave, le coupe-orins
  • Révision de l’hélice MaxProp (qui nous a joué des tours lors de la remise à l’eau)
  • Changement des deux passes-coque et vannes de la cuisine
  • Changement d’un passe-coque et vanne de la salle de bain bâbord
  • Changement de la crépine de prise d’eau du moteur avec raccord et vanne
  • Démontage presque complet du moteur avec changement de toutes les durites, échangeur thermique, pompe à eau, coude d’échappement
  • Remise en état et nettoyage du carter d’huile, du réservoir de liquide de refroidissement et du circuit d’eau
  • Vidange de l’inverseur et du moteur
  • Vidange du circuit de refroidissement
  • Remplacement de deux Silentblocs
  • Remplacement du filtre à huile et du filtre à gazoil
  • Remplacement de l’un des tuyaux de prise d’eau de mer du moteur
  • Révision du guindeau
  • Remplacement de la vis de verrouillage de la jonction chaîne-ancre
  • Contrôle et ré-organisation du réseau d’eau avec changement de plusieurs tuyaux
  • Contrôle du ballon d’eau chaude avec changement de l’embout de sécurité
  • Contrôle de la pompe à eau et reprise des connections électriques
  • Révision du presse-étoupe avec changement du joint accordéon
  • Nettoyage des bagues céramique du presse-étoupe
  • Contrôle du Spi
  • Démontage du Bimini et des toiles de protection du cockpit
  • Changement vitre du four
  • Changement des tuyaux de gaz